Eglise romane de Tohogne

 - Aux environs

 (L'art roman dans la région)

 

L'art roman dans la région

 

Notre belle région a la grande chance de compter de nombreuses églises ou parties d’églises romanes remarquables. Les quelques notes qui suivent vous donneront peut-être envie d’aller les visiter !

Wéris (Durbuy) – Eglise Sainte-Walburge


Wéris (Durbuy)  – Eglise Sainte-Walburge

Le village de Wéris s’étale sur un plateau légèrement ondulé de la Famenne calcaire. Signalée au loin par sa très haute flèche couverte d’ardoises, l’église Sainte-Walburge en occupe le centre, tout à côté de l’ancienne « maison du seigneur », au milieu du cimetière désaffecté où pointe un très vieux tilleul. Wéris est, à n’en pas douter, la fille aînée de Tohogne, l’église-mère de la Terre de Durbuy.

Wéris (Durbuy)  – Eglise Sainte-Walburge

La séparation remonterait déjà au VIIIe siècle ! On peut avancer qu’à elles deux, Tohogne et Wéris ont couvert tout un temps à peu près l’espace-noyau du futur comté de Durbuy. Wéris engendra à son tour de nouvelles chapelles et églises paroissiales. Il est vraisemblable que la construction de son sanctuaire fut une initiative d’Albert de Namur, comte de Durbuy (1037-1064), détenteur des droits seigneuriaux de l’endroit. Le bâtiment fut construit avec les matériaux de l’endroit (grès, calcaire et poudingue), suivant le plan basilical.

Wéris (Durbuy)  – Eglise Sainte-Walburge

L’église de Wéris, un des plus anciens témoins de l’architecture mosane du XIe s. avec Tohogne et Waha, présente : une tour opaque de 14 m de hauteur située à l’ouest (c’est la partie la plus ancienne de l’édifice) ; une nef principale de cinq travées (quatre à l’origine) flanquée de deux bas-côtés, surélevée par rapport à ces derniers, couverte d’un toit à double versant et pente raide ; un chœur assez exigu composé d’une travée et d’une abside semi-circulaire, de baies en plein cintre percées dans la partie supérieure du vaisseau central et dans les murs collatéraux. L’édifice a malheureusement subi d’importantes transformations au cours des siècles. En novembre 1950, des travaux importants de protection et de réparation de l’édifice furent achevés. A l’occasion de l’installation du chauffage central, des fouilles furent entreprises en 1968. Elles permirent un examen archéologique approfondi du chœur et de la nef latérale nord. Leur apport principal fut de nous éclairer sur l’histoire de l’église pendant l’époque romane.


Sources : Catalogue d’exposition « Terre de Durbuy », J.-L. Javaux, Bruxelles, 1982 – Plaquette « L’église romane de Wéris », Centre d’exposition de Wéris, 1989 – « Etude archéologique de quelques églises romanes de la vallée de l’Ourthe » par Danielle Schockaert, UCL, 1970 – « L’ancienne Terre de Durbuy et sa structuration paroissiale », extrait des Annales de l’Institut Archéologique du Luxembourg, Arlon, tome XCIX, Impr. Schmitz, Bastogne, 1968.

 

 


Grandhan (Durbuy) – Tour de l’église Saint-Georges


Grandhan église Saint-Georges

Le village se serre au sommet d’un coteau raide et boisé, en bordure de l’Ourthe. La brique y a largement remplacé, depuis le XIXe s., le colombage qui régnait presque exclusivement auparavant. Orientée au nord-est, l’église Saint-Georges occupe un petit promontoire cerné par les murs du cimetière désaffecté, tout à côté de l’important château-ferme du XVIIe s. Un rare chemin pavé de galets de rivière y mène, sous l’ombrage d’un splendide tilleul.

Grandhan église Saint-Georges

Nef et chœur en calcaire, d’âge classique, ont réutilisé avec pragmatisme la tour médiévale de l’église antérieure. De plan sensiblement carré (5,07 x 5,20 m), la tour d’allure romane présente des parois en moellons calcaires trouées par deux minuscules fenêtres rectangulaires au sud-est et par une haute fente de lumière à l’opposé. La courte flèche à la Mansart abrite les cloches. Vu l’épaisseur considérable des murs (1,65 m au rez-de-chaussée), l’espace intérieur de la tour est fort réduit. Quatre niveaux s’y superposent. Quelle date assigner à la tour ? Elle remonte probablement au XIIIe siècle. Il n’est toujours pas possible de préciser si sa construction est l’œuvre de la communauté des paroissiens ou d’un lignage seigneurial local. Signalons que l’état général de la tour crie misère. Des lézardes se remarquent ça et là. De plus, un rejointoiement complet s’impose.


Sources : Catalogue d’exposition « Terre de Durbuy », J.-L. Javaux, Bruxelles, 1982.

 

 

 


Grande-Eneille (Durbuy) – Eglise Sainte-Marguerite


Grande-Eneille Eglise Sainte-Marguerite

A l’écart de l’Ourthe et de ses débordements, une succession de maisons et fermes encore très souvent en colombages (une vingtaine environ), forment le village de Grande-Eneille. L’église Sainte-Marguerite s’isole quelque peu, au nord-est, sur la butte schisteuse du cimetière. Construite entièrement en calcaire, elle se compose d’une haute tour à l’ouest, flanquée d’un joli porche vers le sud, d’une longue nef de trois travées et d’un chœur plus ramassé auquel s’appuie une sacristie du côté nord.

Grande-Eneille Eglise Sainte-Marguerite

Elle constitue de fait un exemple caractéristique de la permanence du style gothique en plein milieu des temps modernes. La physionomie opaque et le moellonnage rugueux de la tour, ainsi que le canon trapu de la nef, ont pu faire croire au remploi substantiel d’une bâtisse romane, datée parfois de l’an mil. Mais rien, aucun élément déterminant, aucun vestige probant n’autorise à en reculer si loin l’époque de construction. Sainte-Marguerite des Eneilles appartient presque toute au XVIIe s.  Dans « Les Eneilles à travers les âges » par l’abbé Conrotte (dans AIAL, 1912), celui-ci n’hésite cependant pas à écrire : « Antérieure à 1178 et à la bulle d’Alexandre III, rien ne s’oppose à ce qu’elle date réellement de l’an mil, comme le rapporte un ancien religieux de Neufmoustier qui écrit l’avoir lu dans les annales de l’abbaye ». Cette église possède des fonts baptismaux du début du XIIe s. à cuve, à quatre têtes d’angle masculines et arcatures provenant de l’Abbaye de Neufmoustier (en calcaire carbonifère)

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Sources : Catalogue d’exposition « Terre de Durbuy », J.-L. Javaux, Bruxelles, 1982 – « Les Eneilles à travers les âges », déjà cité.

 

 

 


Bende (Durbuy) – Ancienne chapelle Saint-Madeleine


Bende Ancienne chapelle Saint-Madeleine

Enclavée dans la province de Liège avec à l’est la commune d’Ouffet et à l’ouest celle de Clavier, la localité de Bende/Jenneret est exilée à l’extrême nord-ouest de l’actuelle entité de Durbuy. Bende, le village aux deux églises… désaffectées ! Une, la plus récente, occupe le point haut de la localité ; consacrée à sainte Marguerite, elle servit au culte de 1882 à 1975.

Bende Ancienne chapelle Saint-Madeleine

L’autre, une centaine de mètres en contrebas, l’a précédée dans le temps. Transformée en habitation, elle se confond avec la rangée de maisons à laquelle elle s’accroche et passerait volontiers inaperçue si l’abside semi-circulaire qui gonfle son pignon droit n’affichait pas distinctement un décor spécifique à l’architecture romane mosane du XIIe s. Cet édifice se compose d’une petite nef s’achevant à l’est sur un chœur au chevet semi-circulaire. A l’extérieur, seule la moitié méridionale de l’abside appartient encore à la construction primitive, en partie du moins. En effet, les assises inférieures semblent avoir été reprises en sous-œuvre. L’appareil primitif est encore visible au-dessus des arcatures. La chapelle daterait du début du XIIe s.


Sources : « Etude archéologique de quelques églises romanes de la vallée de l’Ourthe » par Danielle Schockaert, UCL, 1970 – « L’ancienne chapelle Sainte-Madeleine à Bende » par J.-L. Javaux, catalogue d’exposition « Terre de Durbuy », Bruxelles, 1982.

 

 

 


Bonsin (Somme-Leuze) – Tour de l’église Saint-Martin


Bonsin l’église Saint-Martin

Situé dans la boucle qui sépare administrativement les provinces de Namur, Liège et Luxembourg, dans la zone fertile du Condroz oriental, le village de Bonsin est construit sur un terrain vallonné très inégal. De l’antique église romane du village, il ne reste plus actuellement que la tour. Elle se dresse à l’ouest d’une nef unique qui remplaça au XVIIe s. la nef romane. C’est à cette seule tour que nous pouvons nous référer quant à la datation de l’église primitive.

Bonsin l’église Saint-Martin

Sa paroi orientale, la moins retouchée, est constituée d’un blocage de moellons irréguliers noyés dans le mortier. Cela nous reporte à la fin du XIe s. ou au plus tard au début du XIIe s. C’est probablement lors de la reconstruction de la nef et du chœur que la tour fut percée au rez-de-chaussée d’une arcade en plein cintre et qu’on aménagea l’accès actuel à ses étages à partir des combles et du chœur. En 1913, on accola une sacristie en petit granit à sa paroi méridionale. Vue du nord-ouest, la tour évoque encore actuellement le clocher roman, dont la fonction originale défensive est indéniable. Construites sur plan carré, ses murailles épaisses de ± 1 m, montent d’une seule venue à 11,30 m de hauteur. La flèche octogonale sur base carrée, haute de 9 m, est de loin postérieure à l’époque romane. La paroi orientale surtout révèle la construction originale très fruste en moellons de calcaire et de petit granit appelé la « castaine » dans la région. Seuls les chaînages d’angles sont réalisés en blocs calcaires bien taillés et plus massifs. Les murs sont percés de quatre ouïes en  plein cintre à l’étage des cloches et d’une meurtrière dans la paroi nord. Dans l’ensemble, cette tour sévère, dépourvue de tout ornement à l’extérieur, rappelle clairement le donjon. Sa situation à mi-pente d’un coteau permettait de surveiller aisément les environs.


Sources : « Etude archéologique de quelques églises romanes de la vallée de l’Ourthe » par Danielle Schockaert, UCL, 1970.

 

 

 


Chardeneux (Somme-Leuze) – Chapelle de la Nativité-de-la-Vierge

Chardeneux Chapelle de la Nativité-de-la-Vierge

Hameau de la commune de Somme-Leuze, le village de Chardeneux, construit à flanc de coteau, est dominé par sa petite église. Aucune source d’archives ne vient nous éclairer sur son origine, ni sur les différentes campagnes de travaux. Il est certain que le plan initial ne comportait pas l’absidiole accolée au nord du chœur.

Chardeneux Chapelle de la Nativité-de-la-Vierge

Encore romane, cette absidiole est néanmoins postérieure à la construction initiale : la seule présence des arcatures lombardes décorant le mur du chœur l’atteste. Toutefois, nous ne pouvons guère reporter sa construction au-delà d’un siècle ou même d’un demi-siècle après la construction de l’édifice initial. Les bas-côtés seraient postérieurs à la nef centrale. La chapelle n’aurait donc eu à l’origine qu’une nef unique s’achevant à l’est sur un petit chœur rectangulaire fermé par une abside semi-circulaire. La construction de la chapelle remonterait au XIIe s. Orientée nord-est, sud-est, la chapelle se présente comme une petite basilique à trois nefs, séparées par deux rangées de colonnes reliées par des arcades en plein cintre. Longue de trois travées, la nef centrale communique à l’est par un arc triomphal en plein cintre avec le chœur. Les bas-côtés s’achèvent à l’est sur un mur droit. Un clocher de bois, surmonté d’une flèche effilée cantonnée de quatre clochetons à la base, se dresse à califourchon sur la toiture de la nef. L’accès à l’édifice se fait par la porte d’entrée percée à l’extrémité occidentale du collatéral méridional.


Sources : « Etude archéologique de quelques églises romanes de la vallée de l’Ourthe » par Danielle Schockaert, UCL, 1970.

 

 

 


Bois (Clavier) - L’église Saint-Lambert


Bois - L’église  Saint-Lambert

La paroisse de Bois est plus que millénaire puisque l’existence d’une église en cet endroit est attestée dans une charte de 911. L’église fut dédiée à saint Lambert, l’un des premiers et des plus populaires évêques de Liège, mais elle n’avait rang que de quarte-chapelle. On en attribue volontiers la construction à la générosité de Harduin, détenteur de grands biens à ce moment dans la localité. Luc F. Génicot date l’essentiel du bâtiment de la première moitié du XIIe siècle. L’église est romane pour l’essentiel. La nef centrale est recouverte d’un plafond plat en charpente ; elle prend jour par huit baies (quatre de part et d’autre) hautes et étroites.

Bois - L’église  Saint-Lambert

Elle est séparée des bas-côtés par des piliers carrés supportant des arcades en plein cintre. Les bas-côtés sont pourvus d’un plafond et percés de fenêtres classiques (XVIIIe s.). L’arc triomphal, en plein cintre, est beaucoup plus élevé que les arcs des travées. Le chœur oriental est large et robuste. Ses murailles épaisses portent une voûte d’arêtes devant le cul-de-four de l’abside (percée de quatre baies romanes). L’entrée axiale est située au pied d’une tour modeste (XIXe s.) sommée d’un toit assez plat à quatre pans et flanquée de deux annexes néo-romanes (XIXe s.). A l’extérieur, à remarquer la bande lombarde qui décore l’abside du chœur. Le renom de l’église de Bois, elle le doit à ses peintures murales historiées à la détrempe qui dateraient de la moitié du XVe s. Dégagées en 1911, lors de la restauration de l’église, elles furent rénovées par un peintre de Hal, de Geetere, qui en compléta fort librement les lacunes. Aujourd’hui, débarrassées d’une bonne part de leurs retouches par Jacques Folville (dès 1969), elles ont retrouvé plus de vérité. Citons : Le couronnement de la Vierge – Scènes de la petite enfance de Jésus – La Nativité – La Circoncision – L’adoration des Mages – La présentation au temple – Différents saints – Scènes de la Passion – Le Martyre de saint Lambert – La légende de saint Nicolas – Etc.


Sources : Plaquette « L’église romane de Bois (Clavier) », par Victor George, 1986 – Catalogue d’Exposition « Terre de Durbuy », J.-L. Javaux, Bruxelles, 1982.

 

 


 

Ocquier (Clavier) – Eglise Saint-Remacle


Ocquier  (Clavier) – Eglise Saint-Remacle

L’église romane d’Ocquier dépendait de Stavelot. Remaniée à plusieurs reprises, elle a été restaurée en 1952-53, ce qui a permis de réaliser des fouilles à l’intérieur de son périmètre. Au cours de ces dernières, deux monuments préromans successifs ont été mis au jour.

Ocquier  (Clavier) – Eglise Saint-Remacle

Un premier datant du IXe s. Vers le milieu du Xe s., on aurait bâti un édifice à abside rectangulaire et tour de façade. L’église actuelle correspondrait à une reconstruction totale au milieu du XIIe s. La structure de l’édifice se devine sans peine de l’extérieur. La nef centrale de cinq travées (une par fenêtre) est accotée de deux collatéraux. A l’est, deux absidioles semi-circulaires prolongent ces nefs latérales et flanquent le chevet formé de ses deux composantes habituelles : le chœur quadrangulaire et l’abside semi-circulaire. A l’ouest, le pignon est précédé par une tour massive. A l’intérieur, une particularité intéressante est le cordon  de pierre courant le long des murs de la nef sous les fenêtres hautes et, plus encore, les douze niches ménagées dans les parois du chœur autour de l’emplacement du chœur primitif. A remarquer également : une statue de saint Remacle, un Christ en croix et des fonts baptismaux en pierre bleue (tous trois du XVIe s.).


Sources : « Belgique romane » par Xavier Barral i Altet, éd. Zodiaque, 1989 – « Recherches archéologiques de l’église d’Ocquier » par J. Mertens, dans « Bulletin de la Société d’Art et d’Histoire du Diocèse de Liège, t. XXXIX.

 

 

 


Xhignesse (Hamoir) – Eglise Saint-Pierre.
Ocquier  (Clavier) – Eglise Saint-Remacle

La tradition attribue à Plectrude, épouse de Pépin de Herstal, la fondation entre 687 et 714 d’une paroisse de Xhignesse (Sengaces à l’époque) par saint Anglin, dépendant de saint Remacle de Stavelot. Le chœur de l’église primitive se trouvait dans le fond de l’édifice actuel, la nef primaire se prolongeant vers la cour de la nef voisine.

Ocquier  (Clavier) – Eglise Saint-Remacle

En outre, les fondations murales d’un cloître ont été découvertes (côté nord et nord-ouest du cimetière, se prolongeant dans les fermes et au-delà). L’église romane de Xhignesse – qui daterait des premières décennies du XIIe siècle – appartient à l’architecture mosane, influencée par le style rhénan. Elle est bâtie en moellons de calcaire et de grès. Le plan est basilical, avec adjonction d’un léger transept. Malgré la présence d’une croisée, un presbyterium carré précède l’abside semi-circulaire. Chaque croisillon du transept possède une chapelle rectangulaire orientée. Chœur et croisée sont de même hauteur que le vaisseau, lequel comporte trois travées et est flanqué de bas-côtés. Des toitures distinctes couvrent les trois nefs. La partie occidentale de l’édifice, reconstruite en 1742, n’est qu’un prolongement de la nef principale, sorte d’avant-corps surmonté d’un clocheton. L’ornementation de l’édifice se limite au chevet et aux absidioles. C’est là ce que l’église offre de plus remarquable. L’abside est décorée de sept hautes arcades aveugles reposant sur des pilastres couronnés d’impostes ; au-dessus, neuf niches destinées à alléger l’échine de la voûte en cul-de-four. Par la grâce de son ornementation, le chœur de l’église de Xhignesse est un véritable poème de pierres, enluminé comme un livre d’heures, rude comme un déchant.

Sources : Plaquette « L’église romane de Xhignesse » par Edouard Senny, éditée par la Fédération Touristique de la Province de Liège, s.d.

 


Vieuxville (Ferrières) – Chœur de l’ancienne église Saints-Pierre-et-Paul


Vieuxville  (Ferrières) – Chœur de l’ancienne église Saints-Pierre-et-Paul

Vieuxville est un petit village rural situé dans l’extrême sud de la province de Liège, sis dans une verte vallée, sillon profond du plateau condrusien. Une petite chapelle dans le paisible cimetière indique l’endroit où jadis s’élevait l’ancienne église romane datant du début du XIIe s. Seul le chœur de l’édifice est resté en place, tout le reste a disparu.

Vieuxville  (Ferrières) – Chœur de l’ancienne église Saints-Pierre-et-Paul

Il est construit en moellons de pierre calcaire, locale, de teinte bleu clair, et surprend par l’unité parfaite de ses volumes (cubique, demi-cylindrique et triangulaire), par la décoration soignée de ses frises d’arcatures, par ses voûtes à l’intérieur. Dans l’axe de chacun des deux panneaux, nord et sud, se trouve une fenêtre en plein cintre, dont les claveaux sont faits de la même pierre. Le chœur se compose d’un presbyterium carré portant une voûte d’arêtes et d’une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. Converti en chapelle de cimetière en 1893, il constitue actuellement un petit édifice indépendant. Fin du XIXe s., l’église romane se trouvait dans un état lamentable et était devenue trop petite pour répondre aux besoins du culte. Il fut décidé de ne conserver que le chœur.

Lieu-dit « Rare photographie de l'église disparue de Vieuxville prise avant 1893, date de sa démolition partielle. Sur le mur gouttereau de la nef, on distingue les trois arcades en plein cintre qui reliaient anciennement la grande nef aux bas-côtés. (Coll. Emile Simon)

Rare photographie de l'église disparue de Vieuxville prise avant 1893, date de sa démolition partielle. Sur le mur gouttereau de la nef, on distingue les trois arcades en plein cintre qui reliaient anciennement la grande nef aux bas-côtés. (Coll. Emile Simon)

C’est lors de cette campagne de travaux que fut construit le mur fermant le chœur à l’ouest. A remarquer, le linteau de remploi surmontant la porte d’entrée percée au centre de la façade. Sur la pierre en calcaire bleuâtre à veines blanches, on découvre une scène étrange : une bête sauvage est traquée par un chasseur à cheval (saint Remacle ?). A l’intérieur, en 1972, A. Barentsen s’attacha à enlever la chaux sur les murs pour dégager des peintures murales datant du XVe s. situées sur la voûte d’arêtes, dans l’abside côté nord, aux murs nord et sud du prebyterium. Les sujets représentés sont bien sûr religieux.


Sources : « L’église romane de Vieuxville, histoire d’une église inconnue »,, par Elsa et Albert Barentsen, Crédit Communal de Belgique, 1977 - « Etude archéologique de quelques églises romanes de la vallée de l’Ourthe » par Danielle Schockaert, UCL, 1970.

 

 

 


 
 
Waha (Marche-en-Famenne) – Eglise Saint-Etienne.
Vieuxville  (Ferrières) – Chœur de l’ancienne église Saints-Pierre-et-Paul

Dès le VIIe s., le christianisme fait son œuvre à Waha : c’est alors que s’implante le premier oratoire Saint-Martin.

Vieuxville  (Ferrières) – Chœur de l’ancienne église Saints-Pierre-et-Paul

Ce sanctuaire primitif se situait à quelque 150 m au nord-ouest de l’église Saint-Etienne actuelle. Celle-ci est bâtie à flanc de coteau et sur un petit tertre. C’est un véritable équilibre de lignes et de masse : le chœur, le corps de l’église, la tour et son clocher à quatre étages aux pans multiples et contrariés, s’emboîtent et se complètent pour ne faire qu’un édifice. Le vieux cimetière lui fait un cadre protecteur.

Vieuxville  (Ferrières) – Chœur de l’ancienne église Saints-Pierre-et-Paul

Au pied du sanctuaire, un tilleul vénérable. L’église Saint-Etienne est considérée comme un bijou de l’art roman mosan. Vers 1050, un bâtiment préexistant fut aménagé et transformé en chapelle privée en lui ajoutant un chœur et deux nefs latérales. A l’intérieur, la forme carrée et massive des piliers traduit l’art de construction au XIe s. La tour massive date de la fin du XIe ou début du XIIe s. Elle a remplacé un porche qui constituait l’entrée principale. La pierre dédicatoire, une des plus anciennes conservées en Belgique, commémore la consécration de l’église le 20 juin 1050 par Théoduin, évêque de Liège. L’église s’enorgueillit de posséder plusieurs œuvres du « Maître de Waha », un des derniers sculpteurs, témoins du style gothique tardif. Il s’agit du magistral calvaire et de la statue de sainte Barbe. On peut y admirer également les seize vitraux de Jean-Michel Folon. Le célèbre artiste belge (décédé en 2005) s’est inspiré de l’histoire de saint Etienne et de sa représentation dans l’iconographie classique pour créer le dessin de chaque vitrail.

Sources : Plaquette « Waha : son passé et son église romane » par l’Abbé J. Wyns, Imp. Petitpas, Bomal, s.d. – Plaquette « L’église Saint-Etienne, bijou de l’art roman-mosan » par Bernard Van Vynckt, Impribeau, Sainte-Ode, 2006.

 

 

 


Ollomont (Houffalize) – Chapelle Sainte-Marguerite


Ollomont (Houffalize) – Chapelle  Sainte-Marguerite
Le site est attachant, près de Nadrin, dans les Ardennes.
Ollomont (Houffalize) – Chapelle  Sainte-Marguerite

Le hameau d’Ollomont, calme et ramassé, regarde un large horizon de brumes et de bois où l’Ourthe serpente entre les hauteurs. Une butte rocheuse, ceinturée par les vieux murs en schiste du cimetière, le termine à l’ouest. Au milieu des tombes s’élèvent des murs blancs qui intriguent. Ce sont les vestiges  énigmatiques de la chapelle Sainte-Marguerite. Celle-ci aurait été construite à l’emplacement d’un ancien édifice non religieux. D’aucuns prétendent que la tour daterait des environs de 1015 et aurait existé seule avant le sanctuaire. L’abside Est abritait l’autel ; celles du nord et du sud communiquaient avec la nef unique.

Ollomont (Houffalize) – Chapelle  Sainte-Marguerite

Celle-ci fut allongée vers l’ouest pendant le second quart du XVIIIe s. Un nouvel agrandissement occidental fut effectué au XIXe s. (1872-1873). Le chœur fut avancé avec les trois autels dans la portion orientale du vaisseau. En 1907, on jugea l’église « vétuste » et sa démolition commença. Ce qui donna lieu à d’interminables chicanes entre toutes les parties concernées. L’église fut déplacée à Nadrin en 1909-10 en partie avec des matériaux récupérés lors de la démolition. L’église, ou plutôt ce qu’il en reste, à savoir les parties orientales, est essentiellement construite en schiste local. Elle se compose de trois absides semi-circulaires, contiguës et non empâtées, au pied de la tour. L’abside principale est couverte en cul de four. Sa stabilité est garantie par un bel arc de décharge. Sur chaque côté de l’abside sont collées des absides jointives. Elles portent une voûte en cul-de-four et reçoivent le jour d’une mince ouverture en plein cintre. Chaque abside est précédée d’une travée droite. Au milieu se place une haute travée portant une voûte d’arêtes, de plan carré, garnie aux angles de pilastres sans imposte qui soutiennent les arcs élégissant les hauts murs. Au-dessus de la travée se dresse une bonne tour carrée, au volume svelte, maintenant amputée de sa partie supérieure. Restauré en 1961, c’est un petit édifice d’une originalité architecturale certaine qui remonte, pour l’essentiel, aux alentours de l’an 1100. Tour et absides sont classées depuis le 11/10/1949.

Sources : « La chapelle Sainte-Marguerite à Ollomont » par Luc-Francis Génicot, dans « Ardenne et Famenne », n° 1, Imp. M. Charlier et Fils, Remicourt, 1966.

 

Ollomont (Houffalize) – Chapelle  Sainte-Marguerite


 

 
Cherain (Gouvy) – Eglise Saint-Vincent


Cherain (Gouvy)  – Eglise Saint-Vincent

Le village de Cherain constitue encore aujourd’hui un bel ensemble architectural classé. Nombre de maisons remarquables ont été et sont encore rénovées par leurs propriétaires dans leur style d’origine. On remarquera plus particulièrement les habitations regroupées autour de l’église, rénovée, et ponctuée par un chêne vénérable et un étonnant monument aux victimes des deux guerres.

Cherain (Gouvy)  – Eglise Saint-Vincent

L’église de Cherain est déjà mentionnée dans une charte de 814, mais elle fut probablement érigée pour la première fois avant la réduction des frontières du pays de Stavelot, en 670. L’édifice actuel, de style roman-mosan et de plan basilical, fut sans doute édifié dans le courant du XIe s. D’importants travaux d’agrandissement furent réalisés en 1694. Le bâtiment fut fortement endommagé lors de l’offensive des Ardennes en 1944. Bien que classé depuis 1947, l’église n’a toujours pas fait l’objet d’une étude architecturale complète. En 1954, une importante restauration fut réalisée, « re-romanisant » plusieurs éléments de l’église. A l’ouest, une solide tour-refuge quadrangulaire, romane, est flanquée de chapelles construites tardivement dans le prolongement des collatéraux. Elle précède une nef romane décorée de quatre travées. Les nefs latérales et le chœur ont été remaniés au XVIIIe s., époque où fut placé le ciborium en bois sculpté de style rococo. A voir également : les fonts baptismaux datant du XIIe s., en calcaire carbonifère. Le cimetière renferme de nombreuses dalles funéraires remarquables.


Sources : site internet http://www.gouvy.eu/fr/SurvolVillages.html#cherainl - Plaquette « Art roman en Luxembourg belge », F.T.L.B. La Roche, 1984.


 

 

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EditRegion5 15/09/09